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la saignée

 
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maistre alvin



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MessagePosté le: Mer Oct 10, 2012 6:24 pm    Sujet du message: la saignée Répondre en citant

Les saignées médicinales apparurent en 1130. Pratiquées à satiété (et parfois même de façon délirante, puisque des patients gravement blessés par faits de guerre se sont vu saignés davantage encore, aggravant trop souvent leur épuisement jusqu'à sa suite logique, le trépas), par les médecins, quelle que soit la nature du mal dont le patient était atteint, elles persisteront jusqu'au XVIIIe siècle. Il suffisait d'ailleurs parfois qu'un médecin de champ de bataille (mais installé dans un lieu abrité et éloigné) s'abstienne d'utiliser la technique de la saignée, par simple bon sens, pour se forger une réputation de bon médecin, le reste de la profession, expédiant généralement ad patres, dans des circonstances analogues, la majorité de ses patients, le nettoyage des plaies à l'eau vinaigrée, le maintien des pansements propres fraîchement repassés (donc involontairement stérilisés), le lavage des mains des servantes à la cendre de bois (disponible à foison, et presque aussi efficace que le savon), dans le but de netteté dans les tâches de repassage des bandages et autres chemises, suffisant à maintenir une relative asepsie, la prescription des reconstituants de l'époque (vin au miel, viandes épicées, raisinés, confitures, etc.), suffisant à hâter la récupération.

La pratique de la saignée paraissait autre fois bien justifiée. A l'époque où les méthodes de traitement reposaient encore sur la doctrine des 4 humeurs : le sang, la bile blanche et noire, et les sécrétions muqueuses. On tenait alors les excès de sécrétions pour la cause de fièvres et infections (au milieu du XIVe siècle on pensait que les maladies résultaient d'une hyperexcitation nerveuse. La soif, la faim, les vomissements ou la saignée devaient libérer le patient de ces excès de sécrétion, bref le rétablir d'un coup de lancette).

L'art de la saignée a connu ses heures de gloire bien avant Hippocrate au Ve siècle av. J.-C.. Au Moyen-Age, des chirurgiens (comme Badois) se spécialisèrent dans cet art du bain de sang. La saignée connut un grand succès au XVIIIe et au début du XIXe.

Finalement la saignée perdit de son importance. Seules les maladies comme l'apoplexie, la pneumonie, l'œdème du poumon, les accidents cardiaques promettaient d'être soignées avec succès. Avant que la saignée ne tombe en disgrâce, ou faisait s'écouler le sang de deux manières:

- La saignée généralisée était exécutée à l'aide d'un scalpel á l'endroit des vaisseaux les plus importants.
- La saignée localisée devait soulager les parties enflées des coupures de ventouses de sangsues.
La saignée était généralement abondante. De 16 à 30 onces étaient d'usage pour quiconque souffrait de "mauvaises humeurs". Une règle d'or stipulait qu'il fallait prolonger la saignée jusqu'à l'inconscience. La peau rosée du patient était alors pâle, le pouls passait d'un battement de 90 à 120, la fièvre baissait et la nervosité du patient laissait la place à un état proche de l'état de choc. Extérieurement tout cela semblait avantageux avec une seule perte de sang de l'ordre de 10% de "l'excédent sanguin" qui paraissait être la cause de la maladie. Mais avec seulement 5 litres de sang dans son appareil circulatoire, la victime devait faire face à la maladie à l'aide de son seul système immunitaire.


Les lancettes

La lancette était un couteau chirurgical à la pointe courte et large et à double tranchant aiguisé.

Les points de saignée appréciés étaient le dos de la main le bras, les protubérances osseuses, la gorge et les veines supérieures de même que les vaisseaux situés sous la langue, entre autres endroits, bien entendu.

Après avoir localisé un point de ponction, on faisait un garrot à la partie du corps menant au cœur : pendant que l'opérateur pressait avec le pouce sur l'artère en direction opposée de celle du cœur, l'artère ayant ainsi accumulé du sang il était désormais facile d'inciser en biais au scalpel sur 3mm. Un assistant récupérait ensuite le jet de sang dans un récipient plat et étroit. Lorsqu'on avait obtenu la quantité de sang voulu, on refermait la plaie par pression.

Les médecins avaient à leur disposition 4 types de lancettes au cours des siècles: toutes étaient pointues, à double tranchant et pourvues de lames droites afin d'exécuter des ponctions veineuses précises et contrôlées. On connaissait la lancette-scalpel, la lancette à angle, la lancette-pouce et la lancette à cran.

La lancette à angle est une lame à double tranchant qui se déploie à angle droit par rapport au manche.

La lancette-pouce avait une lame qui pouvait être rabattue entre les deux parties du manche et au besoin réglée par le pouce jusqu' à la position désirée.

L'idée de la lancette à cran est d'origine allemande.
On en trouve une descrïption pour la première fois en 1719.

C'était un instrument minuscule, le boîtier, la plupart du temps en cuivre, en fer blanc, en alliage d'argent, faisant juste 4 x 1,5 cm. Ce type de lancette était très apprécié en Allemagne, en Hollande et en Amérique, alors que les Britanniques et les Français préféraient les lancettes-pouce. Même si la lancette à cran nécessitait moins d'habileté, elle était difficile d'entretien et, de plus, un nid à bactéries.

La lame est sous tension: la lancette apparaît sous un petit levier, tendu à l'aide d'un ressort.

Récipients destinés á recueillir le sang

Certains récipients étaient munis d'anneaux fixés aux parois intérieures afin de déterminer avec précision la quantité de sang recueilli. On utilisait souvent aussi un quelconque récipient domestique se trouvant à portée de main. Il n'est toujours pas prouvé que les récipients utilisés par les disciples de Badois, avec leur forme incurvée pour le cou du patient, étaient vraiment utilisés pour la saignée.
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kevin



Inscrit le: 22 Déc 2011
Messages: 9

MessagePosté le: Sam Oct 13, 2012 9:23 am    Sujet du message: Répondre en citant

Merci bien Franck Smile Je soupçonne quand même un énorme trafic de boudin noir à l'époque, sachant que l'on pouvait aller jusqu'à 40 saignées par an sur une même personne...
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